Accueil Date de création : 20/11/08 Dernière mise à jour : 16/11/09 23:30 / 87 articles publiés
 

LES FRERES GRIMM  (El-« F »-ant) posté le mercredi 07 janvier 2009 23:35

On veut leur régler leur conte

Réalisateur : Terry GILLIAM

Scénaristes : Ehren Kruger

Acteurs : Matt Damon, Heath LedgerAnnée : 2005


La critique « à la Mac Guff »

Terry Gilliam a le sens gothique et du grandiose : l’histoire, fantaisie brodée autour des célèbres contes des frères Grimm, lui permet de déployer son imagination dans les décors à la « Sleepy Hollow » (village brumeux et forêt enchantée), dans les personnages qui pourraient sortir d’un dessin animé de Jérôme Bosh (anachronisme mis à part), dans les visions fantastiques et cauchemardesques que recèlent ces contes (la jument qui avale la gamine, et court affolée le ventre ballonné, la Reine, quadricentenaire et draculienne à souhait, et son reflet éternellement jeune – Monica Bellucci -)

Quitte à en faire un peu trop : l’histoire s’essouffle vers la fin, devenant une classique lutte entre bien et mal.
Auparavant, pourtant, l’idée de présenter les frères comme des bateleurs de foire qui jouent de la crédulité des villageois pour soutirer leur gagne pain est intéressante, d’autant qu’ils sont interprétés par les excellents Matt Damon et Heath Ledger.
La comédie naît des contraires : William, l’aîné, est un hâbleur coureur de jupons, tandis que le cadet Jakob est au contraire introverti et timide.
Pour gagner leur vie, les frères ne se contentent pas de raconter des histoires extraordinaires à des villageois terrifiés, mais les fabriquent de toutes pièces, à l’aide de savants systèmes de câbles et de poulies, de lanternes magiques et d’éclairages sophistiqués, ainsi que de deux comparses, l’un machiniste, l’autre maquillé.
Ainsi, le film, lui-même rempli de trucages, se présente autant comme une mise en abyme ironique, que comme une réflexion sur la réalité et l’illusion, essence même du cinéma.

De même, le récit est parsemé de scènes fondatrices de l’imaginaire grimmesque : la gamine vêtue d’un manteau rouge s’égare dans la forêt, la méchante Reine demande qui est la plus belle à son beau miroir, etc. Où s’arrête la réalité, où commence la fiction ?

Lorsque les arnaques des frangins sont découvertes, ils sont condamnés par le gouverneur, un Général français (l’Allemagne est alors occupée par les troupes napoléoniennes) et son factotum italien spécialisé dans la torture, soit, au choix, à la peine capitale, ou bien à élucider le mystère des enfants disparus d’un village perdu dans la forêt (option choisie à l’unanimité par les deux frères).

Malheureusement, au fil du temps, l’ironie et l’(im)pertinence du début cèdent la place à l’action pure : pas désagréable à regarder, elle endort malgré tout les neurones tenues jusque là en éveil par le traitement original et la complicité des deux interprètes principaux.

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Tous les commentaires de l'article:
LES FRERES GRIMM

  • emule mailto

    mar 13 jan 2009 22:21

    belle adaptation du narrartion, a mon fils l`ont plus bcp