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AMERICAN PIE (n° 1, 2 & 3)  (« A » bout de souffle) posté le vendredi 08 mai 2009 20:29

american pie, weitz

D’humeur généreuse aujourd’hui (et pour compenser des vacances récentes prises loin de ce blog), je vous livre non pas un, ni même deux, mais trois articles d’un coup !

Vous les trouverez ci-dessous dans leur ordre chronologique de rédaction, c’est-à-dire l’ordre dans lequel j’ai digéré les parts de cette trilogie. Bon appétit.


AMERICAN PIE 3 (MARIONS-LES)

Tarte mariage et un enterrement (de vie de garçon)

Réalisateur : Jesse Dylan
Scénaristes : Adam Herz
Acteurs : Jason Biggs, Alyson Hannigan, Seann William Scott, Eugene Levy
Année : 2004

La critique « à la Mac Guff »

Au moment de glisser cette galette américaine dans le lecteur DVD (*), je m’attendais à un navet de la pire espèce. Mais, surprise, à condition de ne pas trop faire la fine bouche, je savourai une comédie pétillante, enlevée, et souvent très drôle, à défaut d’avoir toujours très bon goût.

Les effets burlesques proviennent de situations vaudevillesques classiques, sur lesquelles le réalisateur prend soin de ne pas (trop) s’appesantir : quiproquo (la grand-mère cachée dans le placard, où Stifler, le copain bourin, croit rejoindre sa petite amie), comédie de situation (le dîner avec les futurs beaux parents, où le moment de découvrir l’orgie organisé pour l’enterrement de la vie de garçon est sans cesse retardé), dialogues assez absurdes, à l’humour décalé (tous les discours du père sont d’une grande drôlerie). Ce gâteau, c’est (presque) du Feydeau ! (bon, j’exagère un peu…)

Si la comédie fonctionne aussi bien, c’est que tout le monde s’amuse très sérieusement.
Le réalisateur filme de manière efficace, « à la manière d’une » comédie romantique teen-ager le « parcours du combattant » de Jim (demande en mariage, rencontre avec les beaux-parents, organisation de la cérémonie, gérer un copain peu présentable et une mémé aux idées bien arrêtées).
 
Comme je n’ai pas vu le 1er épisode, j’ai fait la connaissance des différents personnages. Les acteurs jouent tous le jeu du premier degré : Jason Biggs est très sobre, en gaffeur capable d’apparaître en public dans les situations les plus scabreuses tout en assurant « ce n’est pas ce que vous croyez », angoissé de paraître « normal » devant les beaux-parents, américains middle-class tout droit sortis de soap, nantis de deux chiens dont l’appétit sera une source d’un « fameux » gag ; future mariée dont on ne sait si elle est ingénue ou perverse (la scène d’ouverture du restaurant) ; mais surtout ce père, sorte de Woody Allen psy à côté de la plaque, qui débite des tirades non-sensiques avec délice, et Stifler, l’ami-qui-vous-veut-du-bien d’une hallucinante vulgarité, espèce de Jim Carrey potache et catastrophique, mais qui, derrière un footballeur bas du chapeau, cache un professeur de danse idéal.

Stifler est capable du pire (griller l’intégralité des bouquets et couronnes de fleurs ; décrire son rendez-vous avec sa « girlfriend » en termes formidablement « choisis »), comme du meilleur pour « réparer » ses fautes (improviser Interflora avec son équipe de footballeurs ; dire « je t’aime » à sa copine). Ces personnages décalés apportent de la fantaisie au film, qui, à leur image, est capable de ne pas être là où on l’attend : par exemple, lorsque Stifler et les autres se retrouvent dans un bar gay, on craint d’avoir à ingurgiter une lourde satire homophobe du milieu, avec travestis et grandes folles, mais on a droit en fait à un numéro de comédie musicale… mené par Stifler himself qui séduit tous les clients !

Finalement, pour Michelle, le mariage « de ses rêves » a bien lieu. Les protagonistes quittent définitivement l’adolescence (tardive), ses beuveries, son langage débridé, ses blagues potaches scatos, ses fantasmes érotiques à base de bain moussant, de créatures sado-maso et de bonnes nymphomanes, pour entrer dans le rang de la société des adultes, se marier, avoir des enfants et deux chiens, parler du sexe avec componction, quitte à pincer les fesses de la bonne… On a le droit de les préférer avant.



(*) En recopiant les infos mentionnées sur la jaquette du DVD, j’aperçois l’avertissement suivant : « non seulement le film dure 8 minutes de plus que dans les salles, mais il offre en outre 17 minutes de séquences épicées (sic) qui remplacent celles que l’on peut voir sur grand écran ».
Il faut en conclure que ma présente critique ne concerne pas le film projeté en salle, mais celui qui figure sur DVD, car 25 minutes de différence, ce n’est pas rien (d’autant que je suis quasiment persuadé que ce sont les 25 minutes que j’ai trouvées les plus plaisantes…)




AMERICAN PIE

Le dépucelage, c’est pas de la tarte.

Réalisateur : Paul Weitz
Scénaristes : Adam Herz
Acteurs : Jason Biggs (Jim), Chris Klein (Oz), Shannon Elizabeth (Nadia), Natasha Lyonne (Jessica), Eddie Kaye Thomas (Paul Finch), Tara Reid (Vicky), Alyson Hannigan (Michelle), Thomas Ian Nicholas (Kevin), Eugene Levy (le père de Jim)
Année : 1999

Le commentaire « Quick Mac »

Comme j’avais bien aimé la troisième couche de cette pochade, je me régalais à l’idée de savourer la recette originelle. Quelle déception !

Certes quelques gags surnagent, mais la plupart sont lourds et on les sent arriver de très loin.
A part Jason Biggs (très drôle), ses acolytes sont très conventionnels, et les filles ne servent que de faire-valoir aux fantasmes post-pubères des garçons.

Deux personnages auraient pu apporter un peu de fantaisie à l’ensemble (d’ailleurs je crois me souvenir (*) que leurs rôles sont bien plus développés dans le volet 3) : Stifler, le copain bourrin au langage peu châtié, et le père de Jim, qui croit sans doute bien faire en prodiguant moult conseils sexuels à son fils.

Par contre, le film est intéressant si on se place du point de vue du sociologue (que je ne suis pas) : où l’on s’aperçoit que la nécessité d’avoir une « girlfriend », de l’amener au bal de fin d’année avant l’entrée à l’Université d’une part, et dans son lit (si possible) d’autre part, constituent de véritables rites de passages outre-atlantique, avec tout ce que cela comprend d’effrayant dans le formatage du comportement social. Tout cela semble tourner à l’obsession pour le mâle américain dont le plus cher désir est de surtout rentrer parfaitement dans le moule (même si ce dernier contient de la tarte aux pommes).



(*) : je rappelle que ces critiques ont été écrites séparément, à plusieurs mois d’intervalle.




AMERICAN PIE 2

Tarte (ufferie)

Réalisateur : JB Rogers
Scénaristes : Adam Herz, David H Steinberg
Acteurs : Jason Biggs (Jim), Chris Klein (Oz), Thomas Ian Nicholas (Kevin), Eddie Kaye Thomas (Finch), Shannon Elizabeth (Nadia)
Année : 2001

Le commentaire « Quick Mac »

Comme j’avais, en dépit du bon goût, apprécié le 3ème volet de cette potacherie, je voulus en reprendre une tranche, d’abord du premier épisode, puis, pour boucler la trilogie, de ce deuxième opus.

Si le premier m’avait déçu, je ne suis pas allé au bout de ce deuxième numéro, tant les situations sont indigentes (et indigestes), et le propos particulièrement hypocrite, la comédie semblant plus ici n’être qu’un prétexte à l’exhibition de pulpeuses créatures plus ou moins dénudées, se livrant aux fantasmes saphiques du réalisateur (qui se dissimule lâchement derrière les personnages de post-ados boutonneux et libidineux).

Voici la dernière scène que j’ai vue, avant coma provoqué par le néant intersidéral de cet opus : deux jeunes femmes se livrent complaisamment à des attouchements mutuels, tandis que les trois niaiseux regardent en bavant (ou bavent en regardant), puis sont sommés de faire pareil : leurs grimaces sensées exprimer leur désaccord feraient alors passer Mr. Bean pour un acteur de théâtre nô.

En conclusion : si vous devez goûter à ce gâteau, assurez-vous de ne prendre que la dernière part (tant « pie » pour les restes)
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